CESAM Fès : Zoumana Saïf va-t-il briguer son 4ème mandat ?

Le Président de la Confédération des Etudiants, Elèves Stagiaires Africains Etrangers au Maroc (CESAM) a fini par s’imposer en « Petit Sultan » dans la ville impériale de Fès. Réélu pour un troisième mandat en violation des statuts de la Confédération qui limitent le mandat à deux, Zoumana Saïf Koné serait, sans surprise, à pieds pour une nouvelle élection. « Il intimide les Secrétaires Généraux des Communautés affiliées à la CESAM. Il fait croire à ces derniers que sans lui, les autorités marocaines (la Wilaya et la Mairie, NDLR) ne vont pas leur permettre d’avoir des autorisations, des salles pour leurs événements et autres documents administratifs », lui reproche un étudiant joint par AfriMaghreb.  

« Un prototype de la machination politique…

L’homme est-il vraiment devenu le « Petit Sultan » des étudiants subsahariens de sa région ? Par sa manie de s’éterniser au pouvoir, nombreux observateurs regrettent que l’élite africaine en formation au Maroc affiche les signaux d’une nouvelle génération de dictateurs africains. « Zoumana est le prototype de la machination politique de nos associations. Il y a certains SG ici, à Fès, comme ceux de la Guinée et de la Côte d’Ivoire qui ont soutenu ce projet de troisième mandat. Aujourd’hui, il est entrain de préparer un quatrième mandat si personne ne l’en empêche. Il a fini de manipuler les SG des communautés » enchaine un autre.

En vouloir aux Secrétaires Généraux ?

Contacté par la rédaction, Sory Kourouma, ancien Secrétaire Général de l’ASEGUIM-Fès (Association des Stagiaires, Elèves et Stagiaires Guinéens au Maroc) répond aux accusations qu’il trouve grossières à son égard. Le responsable associatif dit n’être ni de près ou de loin mêlé à une telle affaire. « Je n’ai jamais battu campagne pour une quelconque personne à Fès. C’est faux ! » s’exclame-t-il.  « J’avais d’autres préoccupations concernant ma communauté. D’ailleurs Zoumana et moi, n’avions jamais été d’accord durant mon mandat. Je ne savais rien de cette affaire de troisième mandat. Je l’ai sue le jour même de l’élection, dans la salle. C’est là que j’ai appris qu’il n’y avait pas de candidature pour la Présidence de la CESAM et que celle d’un frère bissau-guinéen aurait été rejetée pour dossiers incomplets.  Nous ne nous sommes presque pas côtoyés Zoumana et moi, il pensait même que j’étais contre lui » explique l’étudiant ingénieur, ancien SG des guinéens.

Sur la légitimité du Président de la CESAM Fès, c’est environ « seize communautés présentes sur dix-sept ce jour » qui avaient décidé de le reconduire, a-t-on appris.

Présidence de la CESAM Fès et légalité

Pour le fait que la Commission n’ait lancé un nouvel appel à candidature, les opinions s’accordent sur la violation pure et simple des statuts de l’organisation.  Mamady Condé, Ancien Président de la CESAM Fès précise : « selon lui (Zoumana, NDLR), le jour de l’Assemblée Générale quand il est parti présenté son bilan, à sa grande surprise, les SG lui ont forcé la main de se présenter et continuer parce il dépense beaucoup d’argent pour les communautés. Comme réponse, je lui ai dit que c’est trop facile ça et qu’à sa place, j’aurais ordonné au Président de la Commission de reporter les élections une semaine, pour que s’il y a des potentiels candidats, qu’ils se manifestent dans les normes. » Informé de l’exclusion du bissau-guinéen à la course pour la Présidence, Monsieur Condé  aurait tenté régler la situation. Malheureusement, le dispositif rusé du président sortant avait une longueur d’avance, il fallait s’y plier et constater la suite des événements.  

Le sujet interpelle les autres Présidents de la CESAM : « J’étais personnellement surpris de voir sa candidature pendant que les statuts sont contre. Mais à mon avis,  il a une bonne raison de faire ça et je ne lui ai pas demandé parce que je ne rentre pas dans les affaires des autres » évoque un homologue d’une ville du Maroc. Ce président en exercice accuse cependant le Conseil Confédéral qui aurait fait quelque chose plutôt.

De la responsabilité du Conseil Confédéral

Garant des statuts et règlements intérieurs de la CESAM, le Conseil Confédéral s’est retrouvé dos au mur face à un véritable « problème statutaire ». Aux yeux de cet organe législatif et responsable des contentieux majeurs, il était inacceptable de laisser un président d’une section continuer un troisième mandat. « Du côté de Rabat, un procès-verbal (de l’élection NDLR) nous a été effectivement envoyé. Dès que nous l’avions reçu, nous avons à même temps interpellé pour demander comment est-ce possible. Ils (l’observatoire de l’élection, NDLR) nous ont dit que ce sont les SG qui ont décidé que ça soit fait ainsi.  Nous avons dit « non ». Nous ne pouvions pas cautionner cela parce statutairement c’est deux mandats, et on ne peut pas aller au-delà » explique Maidawa Moubarak, Président du Conseil Confédéral.

« Puisque la CESAM est une organisation démocratique, il faut prendre les décision de façon démocratique, nous sommes rentrés en contact avec les SG et ils ont donné leur quitus. A partir de ce moment, nous avions un vrai problème statutaire » poursuit-il.« Statutairement, il faut reconnaitre que ceux qui décident au sein de la CESAM, ce sont les SG mandatés par leurs communautés. Supposons que je suspende le Président, et que les Communautés qui constituent la CESAM disent qu’elles ont voté et ont donné leur orientation mais nous l’avons refusée. Et enfin, elles se retirent, il n’y aura pas alors de CESAM à Fès. Donc c’est un vrai problème statutaire et nous n’avons pas été passifs. A plusieurs reprises, il y a eu des concertations, nous avons envoyé des émissaires et même des anciens au niveau de Fès qui se sont impliqués pour pouvoir trouver des solutions. »

Que Fès ne soit une jurisprudence

Depuis six mois, le Conseil Confédéral travaille sur un projet de statuts et règlements intérieurs de la Confédération. Ce nouveau document dont le contenu n’est pas encore divulgué, étudiera plusieurs anomalies parmi lesquelles la question de souveraineté locale des sections élues par les SG locaux et les rapports de ces dernières avec Rabat. Selon Monsieur Moubarak, la préoccupation du « Conseil Confédéral est de faire de telle sorte que le cas de Fès ne devienne une jurisprudence. Dans la CESAM, il n’y a personne qui peut décider au nom des communautés à part les SG légalement élus et qui représentent leurs communautés. Même si la masse des étudiants s’oppose, si ceux qui sont censés votés, votent le contraire, c’est ce que la CESAM prend. C’est vraiment un problème statutaire. C’est-à-dire d’un côté, il y a la légalité des statuts et de l’autre côté, la souveraineté supposée de l’Assemblée Générale locale. C’est pourquoi depuis six mois, je me suis engagé avec l’ensemble des sections à modifier les statuts. C’est ce que nous sommes en train de faire. Prochainement dans les nouveaux statuts, nous allons mettre des règlements très clairs là-dessus et que désormais personne ne puisse aller à l’encontre des statuts » insiste-t-il.

A préciser que depuis près de quatre mois, aucune de nos tentatives pour contacter le bureau de la CESAM Fès n’a abouti. Le Président continue d’esquisser les critiques de ses adversaires sur les réseaux sociaux et sur la principale plateforme d’échange entre étudiants africains de Fès où les commentaires malveillants sont retirés.  Au moment où nous mettons en ligne cet article, le Président du Conseil Confédéral serait sur place où une assemblée générale pourrait se tenir.

Ansoumane
Contact rédaction : afrimaghreb@gmail.com

A découvrir…

Partagez

5 thoughts on “CESAM Fès : Zoumana Saïf va-t-il briguer son 4ème mandat ?

  1. C’est délirant 😜 entre intangiblités constitutionnelle et volonté personnelle dire que les SG ont voté alors qu’il y a des textes de loi qui régissent l’organisation et le fonctionnement. Deux mandats c’est deux pourquoi.

  2. Vous êtes contradictoire, d’une part vous dites le mec est dictateur, il a brigue un 3eme mandat et veut briguer un 4eme mandat et d’autres part vous dites qu’il a élus par les SG, ce qui est démocratique, et les SG presents ce jour savent dans quelle esprit ils l’ont réélus.

  3. Salut
    J’interviens en qualité de membre de l’Aseesim section Fes et en qualité de chargé Culturel.

    Concernant ce dossier, le troisième mandat de Monsieur Zoumana a été effectué sous la présence de tous les Secrétaires Généraux de chaque Communauté, suite à cette AG , le président Ivoirien ayant pris parole en faisant une suggestion de lui donner une chance pour un Troisième mandat dans la continuité de son boulot vu qu’il n y avait pas de candidat déjà et personne Capable, dévoué qui en voulait à la chose.

    Faudrait mentionner que tous ces SG présents qui jouent à double Jeu sont les mêmes qui courent derrière mon Président pour qu’il prenne la Place de Zoumana, mais pour l’heure nous y sommes pas à cette réflexion, juste vous dire que c’est une bande D’hypocrite qui l’entoure.

    Cependant, la question du quatrième mandat serait impossible et quasi impossible pour lui.

    Mettons une chose dans notre tête l’avenir nous montrera celui ou celle capable de le succéder dans les jours à venir.

    La Côte D’ivoire étant une grande Nation s’est comment marchée et prendre des décisions radicales quand il le faut.

    Merci de votre compréhension !!!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Translate AfriMaghreb
Facebook
Facebook
Google+
http://www.afrimaghreb.com/cesam-fes-zoumana-saif-va-t-il-briguer-son-4eme-mandat">
LinkedIn