Entretien avec Haba Maxim de Lex-Tic « nous mettons l’accent particulier sur la citoyenneté en ligne et l’e-démocratie »

A l’entrecroisement du droit et du numérique se place une jeune Association. Créée par le guinéen Haba Maxim en thèse de droit numérique à Bordeaux, l’Association LEX-TIC lance prochainement ses activités en France et en Guinée en attendant d’autres pays africains. Une décision prise par la direction départementale déléguée de la Gironde le 11 août dernier a permis à l’organisation de passer l’étape de constitution conformément à la réglemention française. Joint par la rédaction d’AfriMaghreb, le Président Fondateur aborde dans un premier temps le concept et les objectifs de LEX-TIC Legaltechs et Jurisblog, puis la problématique de l’internet en Afrique. Lisez !

Bonjour Monsieur Haba

Bonjour Monsieur

Présentez-vous à nos lecteurs

Je suis honoré d’intervenir ici par votre entremise. Je suis HABA Maxim, fondateur de LEX-TIC et étudiant en Droit public, spécialisé en droit du numérique et de la cybersecurité.

Parlez de votre association Lex-Tic

Lex-Tic Legaltechs et Jurisblog est une organisation agréée et récente, elle est à la frontière entre le Juridique et le numérique. Elle est fille de ce qu’on appelle communément « la digitalisation du droit », c’est-à-dire l’influence du numérique sur le droit, et plus largement sur les métiers juridiques.

Nous sommes à la fois une clinique juridique, un incubateur de Legaltechs et un pôle de formation et de défense « des droits fondamentaux numériques ».

Notre Clinique Juridique, constituée essentiellement d’étudiants et de professionnels sous la supervision des enseignants, a double avantages : d’une part, elle facilite la pratique du droit chez les jeunes et permet, d’autre part, aux populations d’avoir accès à des conseils et orientations juridiques fiables et gratuits. Quant à nos formations, elles visent à corriger les effets de « la fracture numérique » chez les jeunes, les seniors et les professionnels.

Une précision reste de mise, nous sommes en effet parfaitement conscients des effets néfastes d’Internet et des réseaux numériques, d’où notre positionnement en tant qu’organe de sensibilisation des internautes sur les aléas de leur présence en ligne. Nos actions couvrent des thématiques aussi actuelles que la cybercriminalité, le cyberharcélément, l’e-réputation, les arnaques de toutes sortes en ligne… Nous mettons l’accent particulier sur la citoyenneté en ligne et l’e-démocratie.

Enfin, nous accompagnons les startups en droit pour susciter l’innovation dans cette matière connue pour son profond conservatisme. Lex-Tic agit en France et en Guinée et nous projetons couvrir prochainement d’autres pays de l’Afrique francophone.

Comment êtes-vous venu l’idée de lancer un tel projet ?

Lex-tic est née d’une intime conviction que les outils numériques sont un tremplin pour ouvrir le droit aux non-juristes, mais surtout à l’innovation. Le but étant notamment d’engendrer des juristes 2.0 ou des juristes « augmentés » maîtrisant parfaitement le digital.

Outre cet aspect fort important, le constat révèle que le niveau d’accès au droit et au numérique, notamment en Guinée est médiocre, compte-tenu de l’analphabétisme et de l »’illettrisme numérique ». Or notre foi dans la « démocratisation » de la matière juridique et du digital est absolument inébranlable. C’est alors que nous avons estimé qu’une organisation à but non lucratif, pourrait aider nombreuses familles, jeunes hommes et femmes, à avoir un accès facile au Droit, à ses professionnels et aux juridictions.

Votre association est de droit français, pensez-vous qu’elle soit une opportunité pour les juristes et entrepreneurs en dehors de la France ?

Au regard de ce que j’ai souligné à l’entame, nous sommes aussi présents en Guinée avec pour ambition d’élargir notre cadre géographique. Tous les juristes et entrepreneurs indépendamment de leur situation géographique, peuvent tout à fait bénéficier de nos actions.

Quels seront les axes sur lesquels vos premiers projets se focaliseront ?

Étant entendu que Lex-tic à deux antennes, en France, l’équipe de Lex-tic  recrute actuellement pour constituer sa clinique juridique, laquelle sera amenée à intervenir permanemment sur des cas qui lui seront soumis.

Nous réfléchissons également à la création des colloques et afterworks sur des thématiques à l’interaction du numérique et du droit. Aussi, préparons-nous nos campagnes de formation et de sensibilisation auprès des jeunes de tous les niveaux (de l’école primaire à l’Université) sur les usages du numérique.

Quant à Lex-Tic Guinée, les projets prévus sont en cours de discussion. A date, la clinique juridique est en cours de constitution et une réflexion à un stade déjà avancé, est entamée à dessein de mettre en place un grand concours de plaidoirie entre universités sur le droit et le digital.

Si un de nos lecteurs exprimait aujourd’hui la volonté d’adhérer à Lex-Tic, comment devrait-il s’y prendre ?

C’est très simple et facile ! Il lui suffira de nous adresser un message sur notre page Facebook ou notre compte LinkedIn (Lex-Tic Legaltechs & Jurisblog). Nous y sommes très réactifs.

Par ailleurs, la personne intéressée peut directement adhérer à l’association en allant sur le site de HelloAsso à partir de ce lien. (ICI, ndlr)

Aussi, très bientôt allons-nous publier une fiche de contact permettant aux personnes potentiellement intéressées d’y laisser leurs coordonnées, nous prendrons le temps de les contacter.

L’Afrique est au cœur de la cyber-insécurité, pensez-vous que votre association apporterait des changements ?

L’Afrique est sans conteste le parent pauvre de la « révolution numérique« . Elle tarde à réaliser les enjeux tant sécuritaires qu’économiques des réseaux numériques. Sur le plan de la régulation d’Internet et de la réglementation du cyberespace, les efforts restent totalement insuffisants en témoignent d’ailleurs l’émergence des terreaux de cybercriminalité partout en Afrique (voir le phénomène des brouteurs) et l’incivisme caractérisé sur les réseaux sociaux.

Nous estimons que notre association a sa partition à jouer. Notre apport principal se situe dans notre démarche d’information, de formation et de sensibilisation sur les usages du numérique.

Parlant de réseaux sociaux, que vous inspire la profanation de la tombe de DJ Arafat et la diffusion des images sur la toile ce samedi ?

C’est avec consternation que tout comme vous, j’ai aperçu les images durement supportables sur les réseaux sociaux.

J’en ai tiré deux enseignements : d’une part il y a clairement un manque d’éthique personnelle chez les usagers des réseaux sociaux; d’autre part, les États ont encore du mal à maîtriser leur cyberspace.

Quel appel lancerez-vous à la jeunesse africaine sur l’utilisation du numérique ?

Dans un papier que j’ai écrit sur une plateforme juridique française, j’insistais sur le fait qu’Internet n’était le garant de la réputation numérique de personne. Ce faisant, j’appelais les internautes africains à préserver leur image ou réputation, tant dans les écrits, vidéos ou photos qu’ils publient, car ces choses pourraient leur porter préjudice dans un futur proche. Plusieurs illustrations existent : en France une préfecture a refusé de renouveler le titre de séjour d’une personne originaire de l’Afrique à cause de ses publications sur les réseaux sociaux. Récemment, à titre de seconde illustration, un étudiant arabophone a été reconduit à la frontière états-unienne sous le motif qu’il aurait, en l’espèce, fait des publications hostiles aux USA sur les réseaux sociaux.

Pour vous répondre, je réitère cet appel tout en ajoutant qu’Internet est un extraordinaire espace d’expression et d’actions, nous pouvons en user pour notre accomplissement personnel mais pour faire avancer les choses dans nos pays.

Quel est votre mot de la fin ?

Accompagner la révolution numérique dans sa dimension éducative et juridique est un défi dont les États ne peuvent se soustraire, en tant qu’organisation nous nous sentons profondément concernées. Puisqu’il s’agit d’un combat long et périlleux mais combien exaltant, nous invitons toute personne intéressée (étudiants, chercheur s, professionnels, passionnés du numérique…) à rejoindre Lex-tic. (Adhésion ICI, ndlr)

Merci Monsieur Haba.

Je vous en prie.

Propos recueillis par Aya Ouédraogo
Contact Rédaction : afrimaghreb@gmail.com

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3 thoughts on “Entretien avec Haba Maxim de Lex-Tic « nous mettons l’accent particulier sur la citoyenneté en ligne et l’e-démocratie »

  1. Je suis fière de cette association et je souhaite être membre pour y apporter mon expérience et bénéficier également de certaines formations

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