Le tunisien Med Aly Rejeb « Monsieur AFRIQUE », fervent défenseur de l’Unité Africaine en Tunisie [PORTRAIT]

Connu pour sa proximité des communautés étrangères et ses prises de position face à la situation des subsahariens en Tunisie, Mohamed Ali Rejeb est un « africain exceptionnel » qui se démarque du racisme et de la xénophobie en Afrique du nord. Véritable influenceur par sur la toile, Med Aly se réclame du courant Bourguibiste, idéologie panafricaniste dont le précurseur est l’ancien président tunisien Habib Bourguiba.  

Qui est vraiment Med Aly Rejeb ?

Né en 1978 à Menzel Bourguiba (ville autrefois appelée Ferryville en hommage à Jules Ferry) au nord de la Tunisie, Rejeb est issu d’une fratrie de quatre enfants. Son père, militaire, est originaire du sud-ouest de la Tunisie et sa mère du nord-ouest. Il vit à la Marsa en banlieue nord de Tunis depuis 1998.

Il décroche son baccalauréat Mathématiques en 1997 et s’oriente à l’Ecole Supérieure de Commerce de Tunis d’où il sort diplômé en Sciences de Gestion en 2001. Il intègre successivement plusieurs sociétés de services avant d’arriver au sein d’une des prestigieuses multinationales installées en Tunis.

Monsieur Afrique, un panafricanisme assumé

Panafricaniste depuis l’enfance et rêvant d’aller s’installer en Afrique de l’est, Med Aly est amateur du paysage africain et amoureux du Kenya et de la Tanzanie. Nord-africain de parents d’origine amazigh (berbère), « je me sentais toujours intéressé par le sud, contrairement à la majorité des maghrébins qui ont toujours les yeux rivés vers le nord et l’autre rive de la méditerranée » soutient-il.

Poursuivant, l’activiste raconte : « le destin a fait que je rencontre des gens de la Banque africaine de développement (BAD) en 2007. La banque était venue s’installer provisoirement à Tunis suite à la crise politique en Côte d’Ivoire, le délai provisoire qui a duré plus de 10ans. »

« J’ai eu de bonnes amitiés avec des fonctionnaires de cette banque, qui m’ont introduit dans la communauté estudiantine subsaharienne de Tunisie.

Avec les années, les amitiés avec les étudiants de plusieurs communautés se sont développées, et la vie au rythme de la culture africaine subsaharienne est devenue mon quotidien. Finalement je suis devenu aussi « le chouchou » de toutes les communautés subsahariennes, tout ça a éveillé en moi mon africanité, au point qu’ils m’appellent Monsieur Afrique. »

Incarner l’hospitalité tunisienne

Après la révolution tunisienne en 2011, des milliers de migrants subsahariens fuyant la guerre en Libye débarquent en Tunisie, en Algérie et au Maroc. Le flux important des migrants subsahariens en Tunisie pendant ces cinq dernières années et ceux qui sont venus pour travailler ou s’installer provisoirement ont affuté davantage l’arme d’un cyber activiste actif sur Facebook. Convaincu à l’idée d’une Tunisie « ouverte » autrefois, Med Aly participe progressivement à l’intégration des communautés étrangères dans son pays. Dans sa ligne de mire se trouvent l’allègement des pénalités contre les migrants irréguliers, les actes de discrimination, le racisme, la xénophobie, l’union africaine. « Tous ces paramètres ont changé ma vie, mon intérêt est devenu totalement focalisé sur l’Afrique subsaharienne, ces problèmes politiques, financiers, économiques, sociaux» explique-t-il.

Le réveil de la conscience de la jeunesse africaine

A travers ses publications sur les réseaux sociaux et dans son entourage, Mohamed Ali Rejeb s’engage pour :

–              La libération de l’Afrique de l’influence néocolonialiste occidentale et récemment chinoise,

–              L’éducation des nouvelles générations car comme l’a dit Madiba : « l’éducation est l’arme la plus puissante pour changer le monde ; »

–              L’encouragement de tous les talents, les compétences et les projets des jeunes africains, surtout subsahariens,

–              Le combat du racisme et de la discrimination contre les noirs en Tunisie et partout sur le continent,

–              Le combat pour rapprocher le nord-africain du subsaharien,

–              Le combat contre la dépigmentation et la sous-estimation de la beauté de la peau noire

–              Eveiller l’intérêt des populations subsahariennes à leurs histoires et le respect des cultures des ancêtres qui ont été dominées par des siècles de colonialisme et d’esclavage euro-asiatique,

–              La valorisation de toutes les initiatives entrepreneuriales et inventions des particuliers résidents en Tunisie ou ailleurs en Afrique et aussi des Etats qui montrent l’exemple aux autres pays africains,

–              Le combat pour une indépendance totale surtout politique et économique de l’Afrique entière, surtout de la prédominance de la France-Afrique et son FCFA,

–              Le rapprochement entre les civilisations pour une coopération égale à égal et non de dominant et dominé.

Un attachement particulier aux pères fondateurs de l’Afrique Indépendante

Le panafricanisme de Med Aly est non seulement fondé sur l’histoire ancienne mais aussi contemporaine à travers les pionniers des indépendances africaines. « Je suis un tunisien bourguibiste, mes idoles de l’Afrique sont Thomas Sankara, Nelson Mandela, Patrice Lumumba et pleins d’autres hommes et femmes, ces grands panafricanistes qui ont combattu pour la liberté du continent, le combat contre l’impérialisme et le néocolonialisme postindépendance.

Je reste optimiste que notre continent sera une grande puissance, en paix avec elle-même, pour ça il faut que nous soyons unis sinon désunis ils vont toujours nous marcher dessus.

L’Afrique c’est l’avenir, mais il faut préciser qu’elle mérite d’être l’avenir de ses propres enfants du nord au sud, de l’est à l’ouest. Je porte mon Afrique dans mon cœur, donc ces joies me font du bien et ses maux me font très mal, j’aurais aimé écrire dans mon testament d’être incinéré et mes cendres éparpillées un peu partout sur le sol de mon Afrique » sollicite le tunisien. Pour conclure, il insiste : « nous n’avons qu’une seule Afrique et nous sommes son avenir.»

Ansoumane
Contact Rédaction : afrimaghreb@gmail.com

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