Maroc : Ismaël Sy Savané met en cause la sincérité de Kémi Séba et révèle, « je m’en souviens comme si c’était hier »

Ça suffit !

Aujourd’hui en ce 21 siècle, il est plus qu’évident que la jeunesse africaine doit prendre ses responsabilités et assumer son rôle dans ce concert des nations. Ce changement de paradigme est inéluctable car vu les défis économiques, technologiques et politiques qui nous attendent, on ne peut pas être les acteurs de notre destinée dans ce contexte mondial évoluant à grande vitesse. Cependant, il faut tout de même être dans une posture de vigilance face aux différents courants idéologiques qui prônent la libération, qui vendent le rêve d’une terre promise au peuple africain.

Jeunesse africaine, il faut sortir des théories classiques et être dans une logique pragmatique et lucide. Le continent africain n’a pas besoin d’un Moïse ! Les problèmes de l’Afrique sont plus proches de la terre que du ciel en l’occurrence tous nos maux sont liés à l’Humain. Il faut qu’on arrête d’extrapoler les choses et d’être dans une logique d’espérance en une certaine étoile céleste qui viendra nous extirper des chaines de la turpitude.  Aujourd’hui, on observe la naissance de mouvement dit panafricain qui se positionne comme les défenseurs de ce continent. Ces personnes se font les chantres de l’Afrique, appelant à l’auto-détermination, à la prise de conscience. Et à ce jour parmi celles –ci, on peut prendre en exemple le franco –béninois ‘’STELLIO – GILLES ROBERT CAPOCHICHI‘’ qui a su se faufiler et s’attribuer une certaine tribune africaine où lui et disciples célèbrent dans une ambiance remplie de malhonnêtes intellectuels, de manipulations, la prochaine libération du continent.


Je m’en souviens comme si c’était hier l’atterrissage de ce monsieur au Maroc en avril 2016 dans une salle remplie d’étudiants sensibles par son discours et avalant les paroles tel un prêtre face à ses fidèles. STELLIO GILLES ROBERT CAPOCHICHI alias Kemi Seba a sorti, comme toujours la rhétorique magique de la servitude du continent. Cependant, tel le diable déguisé en ange de lumière, Kemi ne faisait que réciter la leçon, l’hypnose parfaite pour endormir les âmes.

Alors assis à la table de conférence, je scrutais à la lettre tout le discours de l’homme. Deux phrases attirèrent mon attention. Je cite « je suis musulman, je vais à l’église, et lorsque je vais chez moi, je vais dans le bois sacré ».  Oubli ou manipulation ?

On voit clairement le populiste en action. Lui qui se réclame en Malcom X, jamais Malcom n’a tenu un discours où il s’est présenté comme un chrétien, ou un évangéliste afin d’attirer la sympathie des frères noirs durant la lutte aux USA.  Il est resté Malcom sincère dans sa lutte. Il n’avait pas besoin de tenir des discours populistes car l’objectif premier n’était pas de se faire accepter mais plutôt de faire comprendre son message.

Aujourd’hui, ce personnage se sert des réalités de l’Afrique pour se positionner comme le libérateur de ce continent. Il ne suffit pas de savoir manier la langue de Molière pour venir donner les leçons d’histoire à notre jeunesse.  De plus, une de ses phrases que le public ne sait pas : « l’argent c’est le nerf de la guerre ». Une phrase qu’il m’a sortie en face de l’aéroport Mohamed V à Casablanca.

Pour rappel, ce monsieur lorsque je l’ai invité pour la conférence au Maroc, m’a fait savoir que ses conférences sont payantes et qu’il fallait donc lui donner un cachet pour qu’il vienne faire prendre conscience aux jeunes dans sa supposée lutte de libération du continent. Cela m’a laissé perplexe. Je me suis alors demandé si c’était normal de mener une lutte aussi noble et volontariste et demander derrière qu’on te donne un cachet pour exprimer tes idées; surtout à des étudiants sans emploi. Kemi, laisse-moi te rappeler que tu n’es pas coach en PNL. Ou bien ton panafricanisme 2.0 se résume au Marketing de ta personne ?

Je me demande si le docteur Martin Luther King Junior, après sa détention dans la prison de Birmingham, a demandé aux Noirs pour qui il luttait de le dédommager. Le docteur King était dans la sincérité et non dans le verbiage. Son combat transcendait l’appréhension humaine car il faut vraiment être un extrémiste de l’amour et j’ajouterai de la sincérité pour sortir une telle phrase : »Tant qu’un homme n’a pas découvert quelque chose pour laquelle il serait prêt à mourir, il n’est pas à même de vivre. »

J’estime que la jeunesse africaine doit faire l’effort de ne pas tomber dans le jeu des malhonnêtes intellectuels. Il faut aujourd’hui avoir un filtre dans notre réflexion de sorte à prendre de la distance face aux différentes idées. Ne nous arrêtons pas sur la forme allons dans l’analyse de fond. L’Afrique n’a pas besoin de changement miracle, je vous l’assure. Essayons de mettre un peu le curseur sur nous-mêmes et nous verrons notre capacité à changer beaucoup de choses.

Ismael Sy Savané,
Ancien Président des Etudiants Ivoiriens de Fès,
Auteur du « Livre Bleu »

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